Les retrouvailles avec ma mère (2026)
Texte, statuettes – oiseau, ourson, paresseux, dolharubang et princesse de Galles
#031

[Le 7 septembre 2011]
Du 26 août au 5 septembre 2011, ma mère a passé dix jours en France.
Nous avons passé les trois premiers jours à Paris et les sept suivants à Aix-en-Provence.
Elle a préféré la nature et la tranquillité de la Provence à la grandeur et au faste de Paris.

Au cours de ce voyage, j'ai pu l'appeler « maman » pour la première fois de ma vie. Nous avons passé des moments précieux, comme si nous nous transmettions des messages que nous n'avions pas pu nous dire auparavant.
À la fin du voyage, ma mère est montée dans le train en disant : « Ne prolongeons pas les adieux ».

Pendant ces quelques jours passés ensemble, des centaines d'émotions m'ont envahi. « Qui est ma mère ? / Quel genre de personne est ma mère ? »
Elle est mignonne, sensible, fragile, elle a une jolie voix, elle se met facilement en colère, elle est calme, bavarde, elle aime bien manger, elle n'aime pas trop la cuisine française, elle est altruiste, égoïste, pure, gentille, drôle, elle m'aime bien, elle veut me contrôler, elle est cultivée, elle connaît plus d'acteurs·rices étrangers·ères que moi, elle aime les films, elle aime la musique, elle ne semble pas détester mon père, elle regrette sa vie, elle est fière d'elle-même, elle est têtue, elle est obéissante, elle prend toujours soin de moi...

Nous ressemblions parfois davantage à des amies, à une guide touristique et une voyageuse, à des amantes, ou encore à des personnes étrangères l'une à l'autre plutôt qu'à une mère et sa fille.

« Mesdames et messieurs, ma mère n'aime pas les endroits bondés. »


Ma mère, adorable comme un petit oiseau.
Ma mère, coquette comme un ourson.
Ma mère, lente comme un paresseux.
Ma mère, solide comme un dolharubang (statue en pierre de divinité).
Ma mère, comme Diana, princesse de Galles.